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03/07/2013

Camille Saint-Saëns, un grand musicien biterrois

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L'historique de ce grand musicien qu'était Camille Saint-Saëns

Camille Saint-Saëns et Lucile Panis, unis, pour le meilleur de la musique; le « Théâtre des Arènes » était l’âge d’or de Béziers, la « Bayreuth française », dont le nom allait retentir dans toute l’Europe… Un grand mouvement lyrique unique en France et un modèle parfait de décentralisation artistique ! 

En effet, l ’été 1898 : 13 000 spectateurs, dont la jet-set parisienne arrivée par trains spéciaux de la Compagnie des chemins de fer du Midi, font un triomphe à Déjanire, sublimée par les décors montagneux de Marcel Jambon et interprétée par la soprano Armande Bourgeois, le ténor biterrois Valentin Duc, 350 figurants et 220 choristes !

Compositeur, organiste, pianiste virtuose dont la précocité était, à juste titre, comparable à celle de Mozart, Camille Saint-Saëns naquit à Paris le 9 octobre 1835 et mourut à Alger le 16 décembre 1921. Il peut être aisément considéré comme le musicien le plus « intelligent » de la France dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Certes, il est de coutume de dire que son œuvre – immense, avec un ensemble considérable de partitions – est assez rarement passionnée, qu’elle est brillante mais froide ! Ce n’est pas, en bien des cas, tout à fait exact, car il suffit de se pencher attentivement sur des pages comme la Troisième symphonie, Le Carnaval des animaux ou Samson et Dalila, pour s’apercevoir que, sous les notes, perce une véritable sensibilité, ce qui est également évident dans des œuvres telles Introduction et Rondo Capriccioso, et le Troisième Concerto pour violon.

A dire vrai, la musique de Saint-Saëns peut déconcerter parce qu’elle est, précisément, merveilleusement écrite et conçue, et en même temps tellement aisée (on l’a comparée à la prose de Voltaire) qu’on a peine à imaginer qu’elle fut autre chose que l’ouvrage d’un parfait technicien, erreur trop fréquente !

En dépit d’un caractère rugueux, orgueilleux, voire vaniteux, tenant souvent des propos cinglants vis à vis de ses congénères, il y avait chez cet homme de la bienveillance et de l’amitié, qu’il donnait à ceux qu’il avait adoptés. Sa rencontre à Béziers, le 6 décembre 1896, avec Fernand Castelbon de Beauxhostes, un riche propriétaire viticulteur originaire de Boujan-sur-Libron, marqua les débuts d’une longue complicité.

A la manière d’un chorège de la Grèce Antique, ce mécène, homme d’une grande culture, amateur de musique et piaffant d’ambition pour sa région, avait la ferme volonté, sur sa fortune, de métamorphoser  la ville de Béziers en capitale de l’art lyrique. Persuasif, il demanda à Camille Saint-Saëns de créer, dans les arènes, Déjanire, son opéra sur un livret de Louis Gallet, inspiré d’une tragédie grecque. Mais le compositeur se récrie ; les arènes sont pour lui « le temple abominable du sang » ! Pour désarmer ses préventions, Castelbon trouve un stratagème. Un jour, il entraîne Saint-Saëns dans les arènes et, à son arrivée, des musiciens dissimulés se mettent à jouer en son honneur. Le compositeur est séduit et convaincu !

Jusqu’en 1926, les plus grands comédiens de la Comédie Française, de l’Opéra de Paris et de la Scala de Milan animeront les étés de la « Bayreuth française ». Après Saint-Saëns, le « Théâtre des arènes » accueillera Fauré, Massenet, Déodat de Séverac, d’Ollone, Hunc et bien d’autres…

Le 20 août 1910, celui qui, lors de ses séjours dans le Biterrois, adorait venir flâner sur le sable de « Valras-la-Plage », écrivit à Castelbon de Beauxhostes en ses termes : « Quand je pense que si, il y a douze ans, je ne m’étais pas trouvé un peu à court d’argent, je n’aurais pas fait de tournée, je n’aurais pas eu le plaisir de vous connaître, je n’aurais pas fait Déjanire, ; on n’aurait pas écrit les ouvrages qui l’ont suivie, il n’y aurait pas partout ces théâtres en plein air qui surgissent à chaque instant… ». N'a-t-on pas comparée la musique de Camille Saint-Saëns, à la prose de Voltaire ! 

Johanna Van Meel-Sauzet

Merci à la Mairie de Valras Plage pour son aimable collaboration.

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