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26/03/2014

La Cigalière : Concert Charlotte Saluste-Bridoux violon et Guillaume Bellom piano

Vendredi 4 avril à 20h30 à La Cigalière de Sérignan 

En partenariat avec l'OCB Musiqué, vous présente deux jeunes prodiges qu'il faut découvrir à l'aube de leur carrière de concertistes internationaux.

Bridoux-XL.jpgCharlotte Saluste-Bridoux joue sur un violon J.F. Guidantus (Bologne) de 1724 prêté par la Fondation Zilber. Elève du conservatoire de Montpellier, où elle a obtenu la médaille d’or en 2008 à l’âge de 12 ans, lauréate du concours international de Bellan, Charlotte Saluste poursuit sa formation à la Yehudi-Menuhin school. Son premier disque sortira chez les Discophiles Français courant 2014. 

Non moins exceptionnel, son accompagnateur Guillaume Bellom qui débute conjointement l’étude du piano et du violon à l’âge de six ans. Aujourd’hui encore élève pianiste et violoniste au Conservatoire de Paris, il développe son intérêt pour les musiques de chambre au sein du tout nouveau ''Trio Danse''. Deux jeunes prodiges qu’il faut découvrir à l’aube de leur carrière de concertistes internationaux.

Au programme de cette soirée : Charlotte Saluste-Bridoux, violon et Guillaume Bellon, piano, interpréteront en première partie : César Franck  Sonate, pour violon et piano en la majeur;  en deuxième partie : Ernest Chausson : Poème, pour violon et piano; Guillaume Connesson : Chants de l’Atlantide, pour violon et piano; Maurice Ravel : Tzigane, rhapsodie de concert pour violon et piano. 

La Cigalière : Informations et réservations : 04 67 326 326

Réservations, achats en ligne : www.lacigalière.fr

 

03/07/2013

Lucile Panis, Cantatrice née en 1888 à Valras-Plage (Hérault)

Mars 2013 : journée de la Femme avec Lucile Panis

FROU FROU...FROU FROU...

lucile Panisl'OCBMUSIQUé Béziers rend hommage à Lucile Panis, chaque année pour la Jounée de la Femme.

En effet, Lucile Panis a été une grande cantatrice du début du siècle. Remarquée à Béziers, elle fut acceptée au Conservatoire de Paris d’où elle obtint un premier prix avant d’être engagée par l’Opéra où elle débuta, le 13 janvier 1911, dans le rôle d’Élizabeth dans Tanhauser de Wagner.

Fille d’Alfred Panis, instituteur devenu le premier maire de la commune de Valras-Plage en 1931, Lucile Panis naquit en 1888 dans le hameau de Valras-la-Plage. Sa voix de soprano, à l’identique de celle de Maria Callas, retentit pour la première fois au domicile de ses parents.

Remarquée, au tout début du vingtième siècle, par le richissime mécène Castelbon de Beauxhostes pour la qualité de ses interprétations lors de représentations lyriques au « Théâtre des Arènes » de Béziers, et sans doute portée par le souffle bienveillant d’un Eole mélomane inspiré, cette voix sublime a quitté les rivages de la grande bleue pour rejoindre les berges de la Seine. 

Lucile PanisLucile Panis a tout juste 22 ans quand elle fut acceptée au Conservatoire de Paris et, consécration suprême, obtint un premier prix avant d’être engagée par l’Opéra Garnier où elle débuta, le 13 janvier 1911, dans le rôle d’Elizabeth de Tannhäuser, puis dans celui d’Elsa de Lohengrin, servant magnifiquement ces œuvres de Richard Wagner… « La Panis » était née !  Puis, sur la scène devenue mythique des arènes du plateau de Valras, Lucile Panis a connu un succès phénoménal en chantant les plus grands rôles dans Aïda, Les Huguenots, Faust, La Tosca, et surtout Les Esclaves, sur une musique d’Aimé Hunc et un livret de Louis Payen. A l’issue d’une représentation mémorable, Lucile, portée triomphalement sur les épaules de son fervent public, un peu à la manière des toreros actuels, interpréta divinement au kiosque, Place de la Citadelle, la chanson « Les Vendanges », une œuvre spécialement écrite pour les Biterrois par l’enfant du pays Sicard et composée par Camille Saint-Saëns (nous y reviendrons). 

A l’instar de l’Aveyronnaise Emma Calvet, une cantatrice de cette époque originaire de Millau, qui fut la première artiste lyrique française à se produire en Australie, Lucile Panis et sa voix de « Falcon », comme l’on disait jadis, a connu un véritable succès national et international. 

Nous lui connaissons, à ce jour, peu d’enregistrements, en dehors de deux titres populaires  : Frou-Frou, une chanson d’Hector Montréal et Henri Blondeau sur une musique d’Henri Château, dont l’interprétation, une création de Lucile Panis,  demeure la plus connue  "Frou Frou...Frou Frou... A écouter avec ce lien :   http://www.deljehier.levillage.org/telechargements/chan_a...    générique d’une émission de Christine Bravo sur France 2 dans les années 90, et L’anneau d’argent de Rosemonde Gérard et Cécile Chaminade, chantée, entre autres, par Ninon Vallin, Jean Lumière et André Dassary.

Restée, tout au long de son existence, attachée à son terroir et à son patrimoine culturel, Lucile Panis a rejoint dans les cieux, Camille Saint-Saëns, son éternel amour musical, un jour d’été… C’était le 29 août 1966, à Valras-Plage, elle avait 78 ans.

Johanna Van Meel-Sauzet

Références : « Lucile Panis : il était une voix… » de Claude Puech, paru dans Midi Libre le 9 mars 1999 ; remerciements, à Jean-Louis Villeneuve et Muriel Saulière, de la Mairie de Valras Plage. 

Camille Saint-Saëns, un grand musicien biterrois

Camille saint-Saëns.jpeg

L'historique de ce grand musicien qu'était Camille Saint-Saëns

Camille Saint-Saëns et Lucile Panis, unis, pour le meilleur de la musique; le « Théâtre des Arènes » était l’âge d’or de Béziers, la « Bayreuth française », dont le nom allait retentir dans toute l’Europe… Un grand mouvement lyrique unique en France et un modèle parfait de décentralisation artistique ! 

En effet, l ’été 1898 : 13 000 spectateurs, dont la jet-set parisienne arrivée par trains spéciaux de la Compagnie des chemins de fer du Midi, font un triomphe à Déjanire, sublimée par les décors montagneux de Marcel Jambon et interprétée par la soprano Armande Bourgeois, le ténor biterrois Valentin Duc, 350 figurants et 220 choristes !

Compositeur, organiste, pianiste virtuose dont la précocité était, à juste titre, comparable à celle de Mozart, Camille Saint-Saëns naquit à Paris le 9 octobre 1835 et mourut à Alger le 16 décembre 1921. Il peut être aisément considéré comme le musicien le plus « intelligent » de la France dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Certes, il est de coutume de dire que son œuvre – immense, avec un ensemble considérable de partitions – est assez rarement passionnée, qu’elle est brillante mais froide ! Ce n’est pas, en bien des cas, tout à fait exact, car il suffit de se pencher attentivement sur des pages comme la Troisième symphonie, Le Carnaval des animaux ou Samson et Dalila, pour s’apercevoir que, sous les notes, perce une véritable sensibilité, ce qui est également évident dans des œuvres telles Introduction et Rondo Capriccioso, et le Troisième Concerto pour violon.

A dire vrai, la musique de Saint-Saëns peut déconcerter parce qu’elle est, précisément, merveilleusement écrite et conçue, et en même temps tellement aisée (on l’a comparée à la prose de Voltaire) qu’on a peine à imaginer qu’elle fut autre chose que l’ouvrage d’un parfait technicien, erreur trop fréquente !

En dépit d’un caractère rugueux, orgueilleux, voire vaniteux, tenant souvent des propos cinglants vis à vis de ses congénères, il y avait chez cet homme de la bienveillance et de l’amitié, qu’il donnait à ceux qu’il avait adoptés. Sa rencontre à Béziers, le 6 décembre 1896, avec Fernand Castelbon de Beauxhostes, un riche propriétaire viticulteur originaire de Boujan-sur-Libron, marqua les débuts d’une longue complicité.

A la manière d’un chorège de la Grèce Antique, ce mécène, homme d’une grande culture, amateur de musique et piaffant d’ambition pour sa région, avait la ferme volonté, sur sa fortune, de métamorphoser  la ville de Béziers en capitale de l’art lyrique. Persuasif, il demanda à Camille Saint-Saëns de créer, dans les arènes, Déjanire, son opéra sur un livret de Louis Gallet, inspiré d’une tragédie grecque. Mais le compositeur se récrie ; les arènes sont pour lui « le temple abominable du sang » ! Pour désarmer ses préventions, Castelbon trouve un stratagème. Un jour, il entraîne Saint-Saëns dans les arènes et, à son arrivée, des musiciens dissimulés se mettent à jouer en son honneur. Le compositeur est séduit et convaincu !

Jusqu’en 1926, les plus grands comédiens de la Comédie Française, de l’Opéra de Paris et de la Scala de Milan animeront les étés de la « Bayreuth française ». Après Saint-Saëns, le « Théâtre des arènes » accueillera Fauré, Massenet, Déodat de Séverac, d’Ollone, Hunc et bien d’autres…

Le 20 août 1910, celui qui, lors de ses séjours dans le Biterrois, adorait venir flâner sur le sable de « Valras-la-Plage », écrivit à Castelbon de Beauxhostes en ses termes : « Quand je pense que si, il y a douze ans, je ne m’étais pas trouvé un peu à court d’argent, je n’aurais pas fait de tournée, je n’aurais pas eu le plaisir de vous connaître, je n’aurais pas fait Déjanire, ; on n’aurait pas écrit les ouvrages qui l’ont suivie, il n’y aurait pas partout ces théâtres en plein air qui surgissent à chaque instant… ». N'a-t-on pas comparée la musique de Camille Saint-Saëns, à la prose de Voltaire ! 

Johanna Van Meel-Sauzet

Merci à la Mairie de Valras Plage pour son aimable collaboration.